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Chronique : pourquoi le trot français domine encore

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Chronique : pourquoi le trot français domine encore

On entend souvent dire que le trot français est en déclin. Que les Scandinaves nous rattrapent. Que le modèle est à bout de souffle. Permettez-moi de ne pas être d’accord.

Un élevage d’exception

La France reste le premier pays d’élevage de trotteurs au monde. Ce n’est pas un hasard. Notre système de courses, avec ses épreuves de Groupe, ses qualifications strictes et sa pyramide de compétition, produit des chevaux d’une qualité exceptionnelle.

Quand je regarde les résultats des grandes épreuves internationales — l’Elitloppet en Suède, le Prix d’Amérique chez nous, les courses italiennes — les trotteurs français sont partout. Et pas en figurants : en gagnants.

Le modèle des courses montées

C’est notre particularité, et c’est notre force. Le trot monté n’existe pratiquement qu’en France, et il produit des chevaux plus complets, plus polyvalents. Un trotteur français doit savoir courir attelé et monté. Cette double exigence forge des athlètes supérieurs.

J’ai vu des chevaux suédois débarquer en France pour le Prix d’Amérique et se faire dévorer par des trotteurs français qui avaient cette expérience du monté en plus. La polyvalence, c’est notre avantage compétitif.

Un circuit de courses incomparable

Avec Vincennes comme cathédrale et des hippodromes de province qui entretiennent le vivier, le circuit français n’a pas d’équivalent. Plus de 11 000 courses de trot par an. Aucun autre pays n’offre autant d’opportunités de compétition.

Cette densité de courses permet aux entraîneurs de préparer leurs chevaux avec une finesse que les autres pays nous envient. On peut trouver LA course qui correspond exactement au profil de chaque cheval.

Les drivers et les jockeys

La France forme les meilleurs professionnels du trot. Jean-Michel Bazire, Franck Nivard, Eric Raffin — ces noms résonnent dans le monde entier. Leur science de la course, leur capacité à lire une épreuve et à placer un cheval au bon moment, c’est un savoir-faire transmis de génération en génération.

Et la nouvelle génération est là. Je regarde les jeunes drivers émerger et je vois la même passion, la même intelligence de course. Le relais est assuré.

Les défis à relever

Je ne suis pas naïf. Le trot français doit évoluer. Les enjeux des paris baissent, le public vieillit, la médiatisation est insuffisante. Mais ce sont des problèmes de marketing, pas de qualité sportive.

Le jour où le trot français saura se vendre aussi bien qu’il sait produire des champions, il sera tout simplement inarrêtable. En attendant, chaque dimanche à Vincennes, la preuve est là : le trot français reste le meilleur du monde.

Et ça, c’est quand même quelque chose dont on peut être fiers.

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